Tract d'alerte à la contamination
Dihydrogen monoxide hoax, Eric Lechner, Lars Norpchen, Matthew Kaufman, Tracts, 1989.

En 1989, Eric Lechner, Lars Norpchen et Matthew Kaufman ont distribué ces tracts d’alerte à la contamination au monoxyde de dihydrogène sur le campus de UC Santa Cruz. A l’origine de l’idée se trouvait une publication dans le journal local de la ville de Durand dans le Michigan, où vivait la mère de Matthew: effectivement, Matthew s’est soudainement rappelé d’un article sur la contamination au hydroxyde d’hydrogène et les trois copains se sont lancé dans le défi de trouver un terme qui “sonnerait encore plus dangereux” que le précèdent. Ainsi, ils ont conçu et réalisé ces tracts sur l’ordinateur de Matthew, pour ensuite les photocopier chez un imprimeur.

Le monoxyde de dihydrogène (Dihydrogen Monoxide ou encore DHMO en anglais) est un composé chimique incolore et inodore, également dénommé par certains oxyde de dihydrogène, hydroxyde d’hydrogène, hydroxyde d’hydronium, ou simplement acide hydrique. Son constituant de base est le radical instable hydroxyl, qu’on retrouve dans de nombreux composés caustiques, explosifs et toxiques tels que l’acide sulfurique, la nitroglycérine et l’alcool éthylique (1).

Ces différents termes scientifiques peu connu du grand public désignent tout simplement l’eau. Dans notre cas, ils sont utilisés pour monter des canulars, en listant que les effets nocifs d’une de ces mystérieuses substances, tels que l’érosion ou encore l’inondation, pour démontrer le manque de connaissances scientifiques et comment une analyse exagérée peut généralement conduire à une peur injustifiée.

Le premier canular date de 1989, mais depuis il ne cesse de s’étendre. Pour ne citer que quelques exemples, en 1994 Craig Jackson créa le site internet de la coalition pour l’interdiction du DHMO (1), et en 1997, un étudiant de 14 ans, Nathan Zohner, monta un projet scientifique s’intitulant How Gullible Are We? (2) (A quel point sommes-nous naïfs? - sic) sous forme de pétition pour interdire le DHMO et obtint 43 signatures sur 50 personnes, ainsi donnant naissance au terme de Zohnerisme, essentiellement utilisé dans la sociologie pour définir l’utilisation des faits réels pour amener un public ignorant à des conclusions fallacieuses.

L’exemple le plus récent date de 2007: voici la correspondance (3) entre Jacqui Dean, une députée du parti national néo-zélandais et Jim Anderton, un associé du ministère de la santé.

Lettre de Jacqui Dean

Lettre de Jim Anderton

Références:

(1) “Facts About Dihydrogen Monoxide”, DHMO.org.
http://www.dhmo.org/facts.html [EN]
http://www.dhmo.org/translations/french/facts.html [FR]

(2) “Dihydrogen Monoxide: Unrecognized Killer”, James K. Glassman.
http://www.junkscience.com/news/glassman.html [EN]

(3) “Questions & Answers”, Scoop.
http://www.scoop.co.nz/stories/PA0709/S00224.htm [EN]
http://img.scoop.co.nz/media/pdfs/0709/DeanDHMO.pdf [EN]


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